Évaluation des politiques publiques de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes au Maroc : analyse et perspectives
Mots-clés :
Entrepreneuriat, politiques publiques d’entrepreneuriat, évaluation de programmes, Création d'entreprises, approche systémiqueRésumé
Dans le cadre de la libéralisation économique et de la mondialisation, le Maroc a adopté une stratégie de promotion de l’entrepreneuriat comme levier essentiel de croissance et d’emploi. Depuis la fin des années 1980, plusieurs programmes publics ont été mis en œuvre pour encourager la création d’entreprises par les jeunes. Parmi les plus importants, figure le programme « Crédit Jeunes Promoteurs » et, par la suite, le programme « Moukawalati », lancé en 2006 et piloté par l’ANAPEC, visant à promouvoir l’auto-emploi et la création de très petites entreprises. Ce dispositif se voulait plus intégré, en combinant accompagnement, financement et proximité régionale. Toutefois, les résultats obtenus sont demeurés en deçà des objectifs fixés. En définitive, ces expériences successives traduisent les efforts soutenus de l’État marocain pour institutionnaliser l’appui à l’entrepreneuriat des jeunes. Elles mettent également en évidence la nécessité de consolider un écosystème entrepreneurial plus cohérent et d’instaurer un accompagnement mieux adapté aux réalités socio-économiques du pays.
Malgré la multiplication des dispositifs publics de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes au Maroc depuis la fin des années 1980, peu de travaux ont proposé une évaluation comparative et systématique de leur efficacité à long terme, créant ainsi une lacune dans la littérature relative à l’évaluation des politiques publiques entrepreneuriales dans les économies émergentes. Cette recherche vise à analyser l’efficacité des deux principaux programmes publics marocains, à savoir le Crédit Jeunes Promoteurs et Moukawalati, en mobilisant une approche qualitative fondée sur une revue systématique de littérature et une analyse documentaire comparative de sources académiques, institutionnelles et gouvernementales. Les résultats montrent que le programme Crédit Jeunes Promoteurs a permis la création de 10 613 projets et 41 230 emplois, tandis que le programme Moukawalati n’a généré que 2 050 entreprises et 6 180 emplois, soit moins de 7 % des objectifs initiaux. L’analyse met en évidence cinq facteurs structurels d’inefficacité : la lourdeur administrative, la faible implication bancaire, l’insuffisance de coordination institutionnelle, l’absence d’approche écosystémique et le déficit de culture entrepreneuriale. Cette étude contribue à la littérature sur l’évaluation des politiques entrepreneuriales en proposant un cadre analytique intégrant les dimensions institutionnelles, comportementales et systémiques.
JEL Classification : L26, L53, L38, J23, O55
Type du papier : Recherche Théorique
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© Abdellatif MESSOUDI 2026

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